Fiscalité de sortie des intérêts composés : PFU, PEA, AV, PER en 2026

Vous avez accumulé 800 000 € après 30 ans d'épargne. Au moment de retirer, combien va finalement vous rester après fiscalité de sortie ? La réponse varie entre 540 000 € (compte-titres mal géré) et 760 000 € (assurance-vie + PEA optimisés). Cet article détaille la fiscalité de sortie de chaque enveloppe française en 2026 et présente les stratégies pour minimiser légalement l'imposition.

Vue d'ensemble de la fiscalité des plus-values en France

EnveloppeFiscalité à la sortie
Compte-titres ordinaire (CTO)PFU 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS)
PEA < 5 ansPFU 30 %
PEA > 5 ansPS 17,2 % uniquement
Assurance-vie < 8 ansPFU 30 %
Assurance-vie > 8 ansAbattement 4 600/9 200 €, puis 7,5 % IR + 17,2 % PS
PER (sortie capital)IR sur capital versé déduit + PFU 30 % sur gains
PEE > 5 ansPS 17,2 % uniquement
SCPI (revenus)IR au barème + PS 17,2 %
SCPI (plus-value à la revente)Régime des plus-values immobilières (abattements selon durée)

Le PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) — le régime par défaut

Depuis 2018, la « flat tax » à 30 % s'applique par défaut sur la plupart des revenus financiers :

Option pour le barème progressif de l'IR : intéressante seulement pour les contribuables non imposables (TMI 0 %) ou en tranche 11 %. Calcul à faire chaque année lors de la déclaration.

Plus-values mobilières sur CTO : régime classique

Pour 100 000 € de plus-values sur compte-titres :

Pas d'abattement pour durée de détention, sauf cas particuliers (chefs d'entreprise départ retraite, titres acquis avant 2018).

L'avantage massif du PEA

Pour 100 000 € de plus-values en PEA > 5 ans :

Économie vs CTO : 12 800 € pour 100 000 € de plus-value. Ratio massif sur un capital long terme.

L'assurance-vie après 8 ans

Pour un retrait unique de 100 000 € incluant 60 000 € de plus-value (couple marié) :

Mais si vous étalez les retraits sur plusieurs années pour rester sous l'abattement annuel, vous pouvez payer seulement les PS (17,2 %), soit ~10 300 €. Économie supplémentaire : ~3 800 €.

Les retraits programmés en assurance-vie : la stratégie magique

Imaginons 500 000 € avec 300 000 € de plus-value après 20 ans en AV.

Scénario 1 : retrait total

Scénario 2 : retraits étalés sur 33 ans (9 200 €/an de plus-value)

Gain : +21 810 €. C'est l'argent économisé en IR grâce à l'étalement.

Le PER : sortie en capital vs rente

Le PER a une fiscalité de sortie plus complexe car le capital a été déduit à l'entrée.

Sortie en capital (PER avec versements déductibles)

Imaginons 100 000 € de capital final dont 60 000 € de versements et 40 000 € de gains.

Mais l'IR sur le capital versé compense l'IR économisé à l'entrée (s'il y avait eu un effet levier TMI 41 → 30, le PER reste gagnant).

Sortie en rente (cas plus rare)

Rente imposée comme pension (abattement 10 % + IR au barème + PS 17,2 %).

Les plus-values immobilières (résidence principale exclue)

Pour une SCPI ou un bien locatif revendu, la fiscalité dépend de la durée de détention :

Conséquence : pour une SCPI conservée 30 ans, la plus-value à la revente est totalement exonérée. C'est un argument fort pour le très long terme.

Les niches fiscales encore actives en 2026

1. Apport-cession (article 150-0 B ter CGI)

Pour les chefs d'entreprise. Permet de reporter l'imposition d'une plus-value de cession d'entreprise en réinvestissant dans une autre activité. Très technique, conseil expert nécessaire.

2. Sursis d'imposition (article 150-0 B CGI)

Échange de titres dans certaines opérations (fusion, scission) sans imposition immédiate.

3. Holding patrimoniale

Création d'une société soumise à l'IS pour gérer un patrimoine. Permet la déduction d'intérêts d'emprunt, le report d'imposition, et la transmission optimisée. Pertinent au-delà de ~500 000 € de patrimoine financier.

4. Donation avant cession

Donner des titres aux enfants juste avant de les vendre. Les enfants vendent immédiatement et payent l'IFI/IR sur leur tranche (souvent inférieure). Cumule abattement de donation (100 000 €/parent) et économie fiscale de plus-value.

La stratégie de retrait optimale en 4 phases

Phase 1 (60-65 ans) : retraits CTO

Liquidez d'abord le compte-titres ordinaire (le plus taxé en cours de vie). Évite de continuer à fiscaliser les dividendes.

Phase 2 (65-70 ans) : retraits AV programmés

Maximisez l'abattement annuel 4 600 €/9 200 €. 0 € d'IR sur les premiers 9 200 € de gains chaque année.

Phase 3 (70-75 ans) : retraits PEA

Le PEA n'est imposé qu'à la sortie. Conservez-le le plus longtemps possible pour bénéficier de la croissance composée non fiscalisée.

Phase 4 (75+) : PER en rente partielle

Le PER en rente est imposé comme pension (avec abattement 10 %). À 75+ ans, le taux de conversion devient attractif.

Cette séquence minimise l'imposition totale sur la durée de la retraite.

L'impact du déménagement à l'étranger

Conventions fiscales internationales : si vous déménagez avant un retrait, la fiscalité peut être totalement différente. Exemples :

Attention à l'exit tax française qui s'applique sur les plus-values latentes > 800 000 € pour les détenteurs de plus de 50 % d'une entreprise.

Conclusion

La fiscalité de sortie peut amputer votre capital final de 15 à 30 % selon les choix d'enveloppes et de timing. Privilégier PEA + assurance-vie + retraits étalés sur 5-10 ans permet de payer 10-15 % de fiscalité totale, vs 30 % en compte-titres mal géré. Sur 800 000 €, cela représente jusqu'à 160 000 € d'écart. Simulez l'impact fiscal de vos choix avec notre Calculatrice d'intérêts composés et anticipez votre stratégie de retrait dès la phase d'accumulation.

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L'équipe pédagogique de Facilcalcul.fr.
Mis à jour le 17 mai 2026.